Photographie d’œuvres d’art : les couleurs de Domaco

photographie oeuvres art : DOMACO
Une œuvre de DOMACO

La photographie est plurielle et c’est aussi pour ça que je l’aime. Portrait, reportage, paysage, culinaire, mode, photographie animalière, urbaine, rurale, de rue, d’architecture, commerciale, mise en scène, en studio, de voyage,  sociale, poétique, de concert, de sport, etc. Je peux encore enrichir la liste, mais nous n’avons pas la journée. À chaque domaine ses joies et ses contraintes, ses difficultés et ses imprévus à surmonter.

Il y a peu, je me suis aventurée sur un chemin bien particulier des voies de la photographie : les œuvres d’art, des tableaux pour être précise. L’enjeu ici est d’être fidèle à l’œuvre et à son auteur, de mobiliser toute sa technique, ses neurones et son matériel au service de l’exactitude. Ça vous semble aride ? Pourtant j’ai trouvé l’aventure éblouissante.

Quand l’appareil emprunte la voie du milieu

Domaco, peintre et Pyrénéenne, souhaitait constituer un catalogue de ses dernières œuvres. J’avais une trentaine de tableaux à traiter. La séance se déroulant chez elle, non loin des rives de l’Adour, j’ai fait faire une petite balade à mon matériel aux pieds des montagnes.

Pour cet exercice, il me fallait bien choisir mon objectif afin de minimiser les distorsions. D’ailleurs l’appareil sera positionné pile au milieu de la toile. Domaco classe ses œuvres par taille de façon à ne pas changer trop souvent les réglages. Plusieurs sources de lumière, bien positionnées, sont nécessaires de façon à ce qu’elle soit uniforme. S’ajoute mon fidèle trépied aussi moche que solide, un niveau à bulle, le chevalet de l’artiste, massif et vertical, rallonges, cales et fixations, tout un attirail assurant stabilité et équilibre à nos sujets (et un peu à mon esprit).

La main du peintre

On ne fonce pas dans la photographie d’œuvres d’art sans préparation. Ici il est question de couleurs, de matières, de textures et bien entendu de lumière. L’image finale doit rendre fidèlement le travail de l’artiste. La photo se fait oublier, elle n’est que la représentation de la main du peintre. Et la main de Domaco est vive, les couleurs sont puissantes, les contrastes forts. C’est un travail complexe, vibrant, des superpositions de matières : tissus, chiffon, papier épais, déchiré, gaufré, fonds travaillés, recouverts. Il y a des transparences, des plis et des coutures, des traits de crayon légers, de l’à peine perceptible, des couleurs sous la couleur. Et des vernis. Pas toujours, pas partout, uniformes ou pas.

Le vernis, ça brille !

La séance devient un jeu, un brin obsessionnel, mais fort rigolo, où l’on gagne des points en évitant les reflets. Un petit voyage au cœur de la matière où chaque détail compte. La texture de certaines toiles mange littéralement la lumière, alors qu’elle ne fait que rebondir sur d’autres. Et Domaco a corsé les règles : il y a d’autres ombres dans ses ombres, il s’agit de ne pas les enterrer, de ne rien lisser. Je plonge dans ses toiles.

Chaque tableau est une nouvelle conversation, une histoire à écouter et quelques-unes sont un peu récalcitrantes à lâcher le morceau. Je redresse, ajuste, contrôle et repars sur le récit suivant. Très franchement, je m’éclate.

Ce moment avec les toiles était délicieux, les échanges avec la peintre, dans son univers, l’étaient tout autant. Plus tard, je m’attellerai au travail de postproduction avec plaisir, heureuse de retrouver ces tableaux. Certains m’ont particulièrement touchée, remuée même. Voilà un chemin photographique où j’aurai plaisir à m’aventurer de nouveau.

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